United privé de Ligue des Champions ?

L'UEFA doit dévoiler de nouveaux plans la semaine prochaine et une menace plane désormais sur les clubs trop endettés comme Manchester United, Chelsea et Liverpool: l'exclusion de la Ligue des Champions.


L'UEFA a mandaté une réunion lundi prochain à Genève afin de discuter des possibilités d'étendre les conditions d'entrée à ses compétitions et de réduire la possibilité pour les clubs endettés d'y participer. Actuellement, les règles financières de l'UEFA stipulent que seuls les clubs surendettés pour cause de coûts de transferts peuvent être bannis. Il y a également obligation de payer les employés (staff, joueurs) sans retard.

Mais les propositions que s'apprêtent à faire David Taylor, secrétaire général de l'UEFA, et Michel Platini, son président, verraient les règles s'immiscer bien plus profondément dans le fonctionnement financier des clubs. "La sanction suprême est de ne pas pouvoir participer à nos compétitions", a prévenu David Taylor hier.

Il a expliqué que les dettes en rapport à des capitaux, pour la construction de stades, sont considérées comme plus acceptables que celles concernant l'acquisition de joueurs ou le rachat de clubs. Il a confirmé que cela concernerait des clubs comme les finalistes de la dernière C1, Manchester United et Chelsea, ainsi que l'un des demi-finalistes, Liverpool, à moins qu'ils ne réduisent considérablement leur dette.

"Ca n'aura pas lieu cette année, ça n'aura pas lieu l'année prochaine, mais oui, ça pourrait arriver dans les prochaines années", a affirmé le secrétaire général de l'UEFA lors de la conférence des Leaders du Football tenue ironiquement à Stamford Bridge... "Certains d'entre nous pensent que le marché ne devrait pas être absolument libre et nous sommes favorables à une régulation contrôlée. Un nombre croissant de gens du football pensent que nous devons faire plus. Il y a d'excellents exemples de ceux qui soutiennent ce système, et Arsène Wenger est l'un de nos plus grands supporters dans notre besoin de faire plus."

Il est à peine surprenant de voir le manager d'Arsenal, qui a qualifié la tendance des clubs à emprunter excessivement pour se renforcer de "dopage financier", soutenir ces propositions. La dette de son club, qui apparait comme acceptable aux yeux de l'UEFA pendant que celle de ses concurrents pourrait leur valoir une exclusion de Ligue des Champions a dû aussi jouer dans son choix...

Mais les clubs auxquels Taylor avait fait allusion ont réagit plus prudemment, demandant à être plus largement consultés avant que ces nouvelles ne rentrent en vigueur. "Il y a eu un certain nombre de propositions, la plupart émanant de l'UEFA mais également d'ailleurs, par rapport aux clubs et à leurs dettes", a énoncé Bruce Buck, président de Chelsea. "Il est vraiment difficile de réagir à celles qui sont encore vides jusqu'à ce que nous en connaissions le contenu réel."

"Nous sommes disposés à nous réunir avec l'UEFA et à parler non pas seulement des dettes mais aussi d'autres sujets. Les entreprises dans ce monde empruntent de l'argent, c'est un fait. Je ne pense pas qu'il n'y ait quoi que ce soit de mauvais à faire une proposition générale en football concernant l'emprunt des clubs. Mais cela doit être fait dans le contexte de leurs revenus constants et du reste de leur capitalisation."


D'après Deloitte (cabinet d'audit et de conseil), Chelsea a des dettes nettes de 786 M€, un nombre tiré de leurs comptes récents jusqu'au 30 juin 2007. Mais Buck fait lui référence aux 732 M€ que Roman Abramovitch, propriétaire du club, a placé en prêts sans intérêts comme "plus tranquilles que des dettes tranquilles. C'est aussi bien qu'équitable."

Mais United ne peut pas en dire autant en ce qui concerne sa structure d'emprunts, avoisinant les 766 M€ d'après Deloitte. Bien que la plus grande partie de la dette ait été formée par la famille Glazer lors de sa prise de contrôle du club, les règles de l'UEFA exigeraient de réduire la totalité de la dette.

United a refusé de commenter la situation hier, mais David Gill avait quelques mois auparavant clarifié la position du club par rapport aux menaces de l'UEFA.

"Le problème avec la dette est de savoir si vous pouvez la rembourser. Ce n'est pas à propos de ce qu'elle est. Autant que nous sachions, il n'y a pas de problème." Ce à quoi Taylor a répondu:"Ce n'est pas à vous d'en décider, si vous voulez participer à nos compétitions."

Platini a également averti qu'ils risquaient de perdre leur identité à cause de l'arrivée massive d'investisseurs étrangers en Premier League. "Voulez-vous à Liverpool un cheikh Arabe comme président avec un entraîneur Brésilien et neuf ou onze joueurs Africains? Où est Liverpool là dedans? Nous devons établir des règles."

Le président de l'UEFA a dit que la question des propriétaires étrangers, dont certains ont mis leur club en dette comme les Glazer à United, était un problème pour le gouvernement Britannique mais que l'UEFA réfléchissait aussi à une régulation d'ordre européen dans ce domaine.

"Vous devez avoir une identité, c'est de là que vient la popularité du football. Si vous amenez des gens du Qatar et qu'il n'y a personne de Liverpool ou de Manchester dans le club et sur le terrain, où sont Liverpool et Manchester?"

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