Interview : Jonny Evans

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Jonny Evans est l'un des joueurs les plus réguliers d'United depuis à peu près un an. Il a récemment discuté avec Inside United de son parcours.


Vous avez prolongé votre contrat avant Noël. Vous considérez-vous comme un joueur d'un seul club ?
J'aimerais bien. J'ai bien évidemment été prêté ailleurs mais j'ai été formé au club ici et maintenant je joue en équipe première. Quand j'étais plus jeune, d'autres clubs m'ont demandé de faire des essais chez eux mais je n'y suis jamais allé. Je savais que Manchester United était le club où je voulais jouer au foot. Donc je vais essayer d'y jouer toute ma carrière, j'aimerais beaucoup. Mais je ne peux pas non plus trop me projeter vers l'avenir. Je n'ai que 25 ans donc je verrai bien où cela me mène.

Vous avez signé plusieurs belles victoires cette saison, au terme de matches à rebondissement. Quel match vous a le plus satisfait ?
La victoire contre City était bien évidemment superbe. Je suis sorti sur blessure et j'étais assis sur le banc. Je me souviens juste qu'à la fin, je serrais Tom Cleverley dans mes bras comme pas possible ! J'essayais de ne pas trop sauter car j'étais blessé. Le match dans lequel j'ai pris le plus de plaisir était sans doute celui contre Southampton. Je n'ai pas joué, mais le simple fait d'être là, le déroulement du match, même si nous n'avons pas très bien joué. J'étais sur le banc, je regardais le match. Quand Robin a raté le penalty, je pensais que ça n'allait pas être notre jour. Mais c'était génial de voir comment le match s'est déroulé dans les deux dernières minutes. Quand vous êtes sur le banc, c'est comme si vous étiez supporter. Le match vous affecte bien plus. Quand vous jouez, vous ne vivez pas de telles émotions car vous faites tout votre possible pour aider l'équipe à marquer. Mais quand vous regardez de la touche, vous ne pouvez rien  faire. Vous êtes donc là, assis, et vous passez par les mêmes émotions qu'un supporter. C'était un match fascinant à regarder.

Vous avez inscrit quatre buts cette saison. Quel est votre secret ?
Je pense que je marque parce que je suis plus vieux, j'ai plus d'expérience, j'ai davantage de confiance, donc je suis plus détendu. Les deux premières années, je voulais tellement marquer que je me précipitais de l'autre côté du terrain et je ne réfléchissais pas trop à ce que je faisais. Je me disais juste que je devais absolument marquer. Parfois, il faut faire preuve d'un peu de sang froid, ne pas trop essayer et vous mettre en bonne position.

Parmi vos coéquipiers, lequel vous a le plus impressionné cette saison ?
Je pense que Rafael est très bon. Il fait preuve d'une grande maturité. Le club a prêté son frère et cela l'a sans doute responsabilisé. À cause des blessures aussi, il n'a pas eu beaucoup de concurrence au poste d'arrière droit donc il a réussi à s'imposer et à s'approprier ce poste.

Rafael se retrouve-t-il dans la même situation que vous lorsque vous êtes arrivé dans l'équipe ?
Rafael est bien plus jeune que moi mais il est arrivé dans l'équipe première sans doute la même saison que moi. Nous avons percé dans l'équipe la même année. Nous avons sans doute joué environ 30 matches cette saison-là, ce qui est incroyable pour un jeune. Même à l'époque, vous saviez qu'il allait devenir un excellent joueur. Il l'est depuis de nombreuses années. Certaines personnes ont critiqué son style un peu fouillis mais je pense qu'il a réussi à trouver le bon équilibre maintenant et je trouve qu'il est devenu l'un des meilleurs arrières latéraux au monde.

Quelle relation entretiennent les défenseurs ? Êtes-vous amis ? Est-ce que vous vous encouragez à l'entraînement et pendant les matches ?
Oui, c'est clair. On se félicite toujours si quelqu'un a fait un bon match. Je sais que dans d'autres clubs, il y a des joueurs qui pensent que si un autre évolue à son poste, il aimerait qu'il se rate. C'est un peu comme ça dans la vie. Personne n'aime ça quand quelqu'un d'autre vient faire son boulot mieux que lui. Mais personnellement, je n'ai jamais vraiment adhéré à cette idée. Je pense qu'aucun joueur de l'équipe ne se dit : 'Quand il jouera, j'espère qu'il fera des erreurs.' Nous sommes tous dans le même bateau. Nous sommes Manchester United et nous voulons gagner des trophées. Si je ne joue pas et que le joueur qui joue à ma place fait des erreurs, nous n'allons pas gagner le championnat, si ? Nous n'allons pas gagner de trophées comme ça. Nous sommes tous dans le même bateau et nous avons besoin les uns des autres pour connaître le succès.

Dans cinq ans, pensez-vous que vous apprécierez encore plus le fait d'avoir fait vos armes aux côtés de Ferdinand et Vidic ?
Quand je suis arrivé dans l'équipe pro, ces deux gars jouaient à un niveau incroyable. Leur présence, la façon dont ils défendaient... Ils étaient au plus haut niveau. En tant que jeune joueur, c'était dur d'imiter ce qu'ils faisaient. C'est toujours dur. Mais moi, quand j'étais au centre de formation, j'observais ces deux joueurs et je voulais atteindre leur niveau. Pas forcément le plus vite possible, mais simplement montrer mon meilleur niveau. J'ai essayé d'être aussi bon que je le pouvais. C'était mon défi. Mon défi, ce n'était pas vraiment de percer dans une équipe pro normale. Mon défi, c'était d'essayer d'atteindre le niveau de Rio et de Vida, les deux meilleurs défenseurs centraux au monde. C'était très relevé comme défi, mais parfois il faut tenter  l'impossible. C'est sans doute le plus grand défi de tous.

Étiez-vous intimidé ?
Je ne dirais pas intimidé. Je ne me suis jamais dit que je voulais être comme eux. J'ai toujours voulu faire mon propre parcours. Je voulais être le genre de joueur que je suis aujourd'hui. Vous ne pouvez jamais vraiment imiter le jeu d'un autre joueur car personne n'est pareil. Si j'avais essayé de faire ça, je ne serais pas le joueur que je suis. Je ne dirais donc pas que j'étais intimidé mais je reconnais que c'est difficile d'arriver dans l'équipe pour essayer de leur prendre leur place. Il faut être patient et jouer à son meilleur niveau. Vous ne pouvez pas vous mettre trop la pression dans ce cas-là. Vous devez jouer au foot et vous assurer de toujours travailler dur pour sans cesse vous améliorer.

Vous semblez être le patron de la défense, vous organisez vos coéquipiers, vous leur donnez des consignes...
J'aimerais croire que cela a toujours fait partie de mon jeu. C'est difficile quand vous arrivez dans l'équipe pour la première fois parce que je pensais ne jamais pouvoir y arriver. Je me disais : 'Comment est-ce que je vais pouvoir dire à ces garçons où ils doivent se placer ?' Mais ensuite, en peu de temps, vous gagnez le respect de vos coéquipiers et vous avez suffisamment confiance pour leur dire les choses qu'il faut. La communication est très importante quand vous êtes défenseur. Je pense que cela vous facilite votre boulot si vous arrivez à parler pour dire à quelqu'un de se déplacer de cinq mètres d'un côté, ou de deux mètres de l'autre. Ce sont des petits détails comme ceux-là qui font la différence dans votre jeu et qui aident vos coéquipiers aussi.

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Source(s) : Manutd.com