Un label d'excellence
Quand plusieurs milieux de terrains de renoms comme Bryan Robson, Pat Crerand et Roy Keane ont gravé leur légende à la hache, Michael Carrick s'affirme lui, sans faire de bruit, comme un joueur indispensable à l'équipe de Sir Alex Ferguson.
Le natif de Wallsend est un milieu de terrain taillé pour le jeu moderne. Son jeu est simple, mais dévastateur pour ceux qui courent après le ballon. La vieille école qui consistait à patrouiller dans la zone du milieu avec menace et classe est aujourd'hui dépassée. Aujourd'hui, un milieu moderne doit être athlétique, habile avec le ballon et doit posséder une bonne vision de jeu. Par chance, notre numéro16 possède ces vertus.
S'adressant aux médias d'outre manche avant Noël, Sir Alex a déclaré: "Michael a été un de nos meilleurs joueurs, il a joué un rôle essentiel ces derniers temps, il a saisi ce qu'on attend de lui - il n'y a aucun doute à ce sujet."
"Je pense qu’il est temps que Michael devienne le joueur clé de notre équipe. Nous avons toujours su qu’il avait de grandes qualités. C’est un joueur décontracté, calme et modeste, mais il a eu des périodes de doute depuis son arrivée ici. C’est à lui d’imposer sa domination au milieu de terrain sur une longue période, comme il l'a fait de ces dernières semaines."
Enfin débarrassé d'une blessure au talon d'Achille qui l'a perturbé pendant plus d'un an, l'importance de Carrick à Old Trafford est indiscutable dans une campagne où il a gardé la maitrise de son art, en dépit d'une avalanche de blessures à ces cotés. Anderson, Tom Cleverley et Darren Fletcher ont tous été touchés pour des durées plus ou moins longues cette saison, alors que Paul Scholes vient de rechausser les crampons pour une demi-saison.
Et si le talent de Carrick a été reconnu par le monde du football, et particulièrement celui de Carrington, cela n'a pas forcément été le cas parmi les supporteurs de United. Le problème étant les illustres anciens du club qui lui font de l'ombre encore aujourd'hui.
Roy Keane et Paul Scholes sont largement reconnus comme les deux meilleurs milieux de l'histoire de la Premier League, et leurs exploits sont encore assez frais dans les mémoires - surtout maintenant que ce dernier est revenu fouler les pelouses d’Angleterre – pour évoquer la comparaison.
Les buts contre QPR et Bolton ces derniers temps, ont mis fin à une période de 70 matches sans marquer, pour Michael. Il souffre donc d'une comparaison défavorable avec Paul Scholes, qui score en moyenne tous les cinq matches. Sur le plan de l'impact physique, Roy Keane reste également la référence dans le domaine. En cinq saisons et demie à Old Trafford, Carrick a pris 8 cartons jaunes en Premier League. Keane en a pris autant en 35 apparitions lors de la fameuse saison du Treble.
Cependant, de telles comparaisons sont inutiles dans son cas, tant son rôle et son style sont encore différents de nos deux légendes. Scholes sait mieux que quiconque à quel point Carrick a été et continuera à être important pour les Red Devils.
"J'ai toujours trouvé très facile de jouer avec lui", explique Paul. " Il est capable de faire n'importe quoi. Il peut marquer des buts, il peut créer des buts, c'est un grand passeur avec beaucoup de présence, il peut courir toute la journée. Il est idéal pour ses coéquipiers."
"Au cours des six dernières années au club, il a été formidable, un des joueurs les plus sous-estimés de la Premier League. Depuis qu'il est arrivé, nous avons gagné le championnat à chaque saison sauf une – cela veut tout dire. Vous avez besoin de joueurs comme Michael pour réussir. C'est un joueur qui travaille pour toute l'équipe, ce que savent apprécier les joueurs autour de lui."
"Il n'y a pas de meilleur joueur pour garder la balle et rendre les choses simples. Vous ne voudriez pas être dans l'équipe adverse lorsque vous courrez après le ballon, car il joue trop juste dans ce domaine. Il peut aussi bien faire des longues passes que des passes courtes. Il est la définition d'un joueur altruiste."
"Que ce soit Ryan Giggs, moi ou Wayne Rooney, nous savons tous à quel point il est important pour l'équipe, c'est ce qui est important au final : que vos coéquipiers sachent ce que vous faites dans l'équipe. Du moment qu'eux et le manager soient contents, c'est tout ce qui importe."
Ayant connu bien des changements dans le jeu et dans l’arbitrage, Scholes reconnaît l'évolution du rôle d'un milieu de terrain, et Carrick tient la comparaison avec n'importe lequel des plus solides milieux de terrain de l'histoire de United.
"Michael est une race différente de joueur, bien différent des Nicky (Butt) ou Roy (Keane)", admet-il. "Ils ont été brillants tout comme l'est Michael, d'une manière différente. Il apporte de la sérénité dans notre jeu. C'est un superbe athlète et il a des aussi des qualités, ce qui aide."
"Le jeu a changé, sans aucun doute. Vous ne pouvez plus tacler comme Roy et Nicky le faisaient ; certaines de ces choses seraient désapprouvées maintenant! Il n'a jamais eu de problèmes disciplinaires. C'est une personne calme qui réfléchit toujours à la meilleure façon de jouer, plutôt que de faire le mauvais choix."
"Il ne répond jamais aux arbitres et ne s'accroche jamais avec eux. C'est ce qu'il apporte à l'équipe : une attitude détendue qu'il communique également au reste de l'équipe."
"Pour être un milieu de terrain dans ce club, vous devez prendre des responsabilités, prendre la balle tout le temps, défendre à certains moments et être prêt à conduire l'équipe, pour marquer des buts et gagner des matches. Michael fait toutes ces choses - il peut tout faire."
L'efficacité de Carrick est soulignée dans les plus grands stades du football européen. Il est remarquable que sa première absence en 19 déplacements en Champions League coïncide avec la défaite de United à Bâle. Au cours des 18 matches précédents, Carrick n'avait connu la défaite qu'à une seule reprise contre le Bayern Munich en 2010.
Depuis quelques saisons, Michael a dû s'adapter à jouer avec de nombreux partenaires différents ainsi qu'à occuper des postes qui ne sont pas le sien (en défense par exemple) mais les éloges de Sir Alex montrent bien que ce qu'on attend de lui, c'est de mener le milieu de terrain.
Malgré cette perspective, Carrick arrive à garder son calme. "Quand le coach dit de bonnes choses sur vous, alors c'est agréable", admet-il."Mais c'est un jeu d'équipe et nous voulons gagner en équipe. Je suis content de la façon dont j'ai joué, mais ça ne compte pas vraiment – nous gagnons en équipe et nous perdons en équipe, c'est aussi simple que cela."
"Je n'ai pas changé en tant que joueur. Mais plus vous vieillissez, plus vous avez d'expérience, ce qui apporte plus de responsabilités. Vous êtes regardés un peu différemment et c'est très bien ; je suis à l'aise avec cela. C'est de cette façon que j'ai toujours joué. Je ne vais pas changer parce que les situations changent. Vous devez faire ce pour quoi vous êtes bon et vous devez continuer à vous améliorer. J'aime les responsabilités, et le fait de vieillir change le regard des jeunes joueurs qui vous côtoient. Je suis aussi à l'aise avec ça."
"C'est ma sixième saison ici et je sens que je me suis amélioré à chaque saison depuis lors. Certains moments ont été meilleurs que d'autres mais c'est naturel. Vous devez prendre en compte d'autres choses – comme je l'ai dit, la responsabilité – mais ce n'est qu'une partie de cette équipe qui grandit et change au fil des saisons."
Et alors qu'il continue à tailler son propre héritage, Michael Carrick est peut être tout simplement l'une des rares constantes dans l'évolution rapide de Manchester United.
Sur le forum
RedDidDevil, le 10 février 2026 à 15:17
Il y a 1 heure, RobertoLarcos a dit :Je trouve justement que c'est intéressant d'aborder les choses de manière un peu moins binaires que le succès ou l'échec. Dans les grands clubs aujourd'hui les coachs ne sont que de passage, et dans 90% des cas ils finissent par se faire virer à un moment ou un autre. Il n'y a que Zidane qui ne connait pas l'échec, mais sans rien lui enlever, c'est aussi un peu parce qu'il n'aime pas prendre trop de risques.
Pour en revenir à Amorim, il a fait des erreurs mais il a aussi rendu une équipe compétitive à son successeur. Je pense qu'il laisse derrière lui une équipe un peu moins chaotique que celle dont il a hérité. Il a viré les pommes pourries, et ceux qui ont rejoint le club ont une bonne mentalité. Que ce soit physiquement ou mentalement, il ne laisse pas un chaos derrière lui, et je trouve que c'est pas mal de le dire aussi.
Je te rejoins sur le fait que tout ne doit pas lui être imputé et que si il avait fait le canard en conf de presse il serais encore là ! Mais on l'a fait venir en connaissance de cause (343) et on était pas mal a dire dés le début si il est pas soutenu "correctement" il ne réussira pas
Son arrivée / son départ montre que notre nouveau board est encore loin de nous faire oublié l'ancien !
RobertoLarcos, le 10 février 2026 à 13:27
Il y a 1 heure, RedDidDevil a dit :Amorim a échoué autant que le board a échoué autant que les joueurs
Tous ont leurs part de responsabilité chacun a leurs niveaux
le Chapitre Amorim est fini
le Chapitre Carrick a commencé et tout va bien pour le moment
Je trouve justement que c'est intéressant d'aborder les choses de manière un peu moins binaires que le succès ou l'échec. Dans les grands clubs aujourd'hui les coachs ne sont que de passage, et dans 90% des cas ils finissent par se faire virer à un moment ou un autre. Il n'y a que Zidane qui ne connait pas l'échec, mais sans rien lui enlever, c'est aussi un peu parce qu'il n'aime pas prendre trop de risques.
Pour en revenir à Amorim, il a fait des erreurs mais il a aussi rendu une équipe compétitive à son successeur. Je pense qu'il laisse derrière lui une équipe un peu moins chaotique que celle dont il a hérité. Il a viré les pommes pourries, et ceux qui ont rejoint le club ont une bonne mentalité. Que ce soit physiquement ou mentalement, il ne laisse pas un chaos derrière lui, et je trouve que c'est pas mal de le dire aussi.
Malodo, le 10 février 2026 à 13:24
Il y a 3 heures, RobertoLarcos a dit :Je sais pas qui a écrit ça, mais c'est pertinent, nuancé... en fait ça doit être une IA, mais bon ça fait toujours du bien de lire autre chose que ces anciennes gloires du foot qui ne voient pas plus loin que le bout de leur nez.
Autant je suis d’accord sur la première partie autant je ne le suis pas vraiment sur la deuxième.
Moi je trouve que le travaille qu’a fait Amorim chez nous, en tout cas sur cette première partie de saison, est beaucoup trop décrié et qu’on a viré un mec qui était en train de remplir ses objectifs.
Mais je ne trouve pas que la réussite de Carrick repose sur le travail d’Amorim qui a mes yeux à été enterré.
On ne défend ni ne construit de la même manière. On est même plutôt à l’opposé je trouve.
Et pour les coup de pied arrêtés Amorim disait lui même que ce n’était pas le fruit de son travail à lui il me semble.
Quand à la bonne alchimie entre nos joueurs offensifs elle ne vient pas d’Amorim. Elle vient surtout du talent de nos joueurs qui sont des joueurs complets, bons dans leurs déplacements avec et sans ballon, techniques et dotés d’une vision du jeu intéressante.
Ce qu’a apporté Amorim et qui sert beaucoup à Carrick c’est surtout ses mercatos. Il a dégagé des joueurs problématiques, nous a ramené du talent en attaque comme on en avait pas eu depuis très longtemps et nous a permis de garder le meilleur joueur du championnat. Mais ça ne va pas tellement plus loin que ça.
MidnaTaka, le 13 février 2026 à 13:28
Bravo à lui ! On va espérer que la malédiction de l'entraineur du mois ne s'abatte pas sur lui !