Les meilleurs milieux de terrain

Besogneux, visionnaires, marathoniens, cracks : les milieux de terrain sont différents les uns des autres. Ici, ManUtd.com jette un coup d'œil aux "bons et meilleurs de chaque catégorie" ...



LE MENEUR DE JEU

Le milieu du terrain est son royaume, le ballon l’objet de ses désirs. Il y a toujours un homme que les autres recherchent pour changer le cours du match par une passe venue d’ailleurs, qui transperce la défense adverse avec une telle simplicité lorsque vous la regardez de nouveau à la télé, mais que personne d'autre n'avait pu voir à cet instant...

L’artiste

Quand cette analyse moderne du "bon et meilleur de chaque catégorie" a été faite, il y a toujours eu des yeux qui brillaient lorsqu’un nom apparaissait : depuis ses jeunes années à Cliff, il était clair que Paul Scholes était destiné à faire de grandes choses. Possédant une vision à couper le souffle, complètement en désaccord avec son comportement modeste, Scholes possède toute la gamme des passes, courtes et longues, qui défient l’entendement. Depuis 15 ans, avec ses pieds en or pur, il a ouvert les défenses les plus solides - ses éclairs de génie restent incompris. La passe de Scholes de l'extérieur du pied, contre la défense de Stoke City pour Ryan Giggs cette saison, fut un instant à faire palpiter nos cœurs - bien que, malheureusement, aucun but n'en soit sorti. Après, il y a ses 144 buts (dont beaucoup de la tête), en comptant ses buts mythiques contre le Barça pour atteindre la finale à Moscou en 2008, Bradford en 2000/01… Notre milieu de terrain complet, qui nous bénit avec son magnifique partenariat avec Michael Carrick, possède naturellement les facultés qui lui permettent de faire partie des différentes catégories.

Prenez Paddy Crerand - que Matt Busby a volontairement fait venir du Celtic en 1963 – dur comme du fer, avec un superbe touché de balle et un cerveau de mathématicien pour calculer la force à mettre dans ses passes courtes et longues. Crerand faisait la pluie et le beau temps comme on l’exigeait de lui, et il était le chef d’orchestre de Busby lors des premiers titres post-Munich (la FA Cup de 1963, les titres de championnat de 1965 et 1967 et la Coupe d’Europe de 1968). Et alors qu'il est simplement naturel de se souvenir du grand créateur de buts qu’était Bobby Charlton, il ne faut pas oublier qu’il n’y avait rien d'étonnant à le voir se faire éclipser par Crerand lors de ses jeunes années.


LE BESOGNEUX

Par son leadership et sa personnalité, il a tendance à conduire le jeu et à travailler dans l’ombre, choses dont on ne fait pas suffisamment attention mais dont le travail n’en est pas moins indispensable pour le résultat du match. Rien n’a jamais été réalisé sans ce dur travail…

L’artiste

United a été béni par de nombreux héros, travaillant dur pour la cause du club, sans pour autant qu’ils ne pensent à eux. Dans les premières années d'après-guerre, Henry Cockburn fut probablement le meilleur (vainqueur de FA Cup en 1948 et du titre national en 1952). Il compensa sa grande taille (et donc sa "faiblesse" technique) en marquant beaucoup de buts de la tête. "Un des plus grands compétiteurs que j’ai jamais vu", avait déclaré Matt Busby en parlant de son grand joueur. Cockburn – la pile électrique – n’en demandait pas moins aux autres. Comme s’en souvient Matt, dans ces années-là, si Cockburn trouvait qu’un coéquipier se laisser aller, "grand ou pas, il lui faisait un serment à la sergent-major, à faire dresser les cheveux au-dessus de la tête de toute l’équipe."

Il y en a eu d'autres depuis. Nobby Stiles a personnifié ce rôle, en le couplant à une remarquable polyvalence sur le terrain qui l'a finalement permis de former un partenariat très efficace avec Bill Foulke au cœur de la défense de United, atteignant le plus grand moment de sa carrière lors de la Coupe d’Europe 1968. Son front ne semblait pas chaud bouillant, mais Ray Wilkins n'a pas gagné le surnom de "Butch" (viril) pour rien lors de ses premières années à Chelsea. Capitaine à 19 ans et transfert britannique record en arrivant chez les Reds en 1979, Wilkins faisant la navette avec la balle, du front de l’attaque vers l’arrière, ce qui amena Big Ron (le coach du l’époque, Ron Atkinson) a le surnommer "The Crab" (le Crabe). Mais il avait aussi l’œil sur le but adverse. Brighton le découvrît à ses dépens lors du replay de la finale de Cup en 1985.

Durant "l'ère Sir Alex", les besogneux sont devenus forts et rapides. Avec ses superbes coups francs, David Beckham était la terreur des défenses, tout en faisant des ravages sur l’aile droite de United. Et Owen Hargreaves, le vivace joueur toujours porté vers l’avant, a une ténacité que Cockburn aurait appréciée.


L’HOMME FORT

Le plus tape à l'œil de nos figures du milieu de terrain, l'homme fort est la clé de n'importe quelle équipe du top niveau. Leur caractère de leader né les pousse à exhorter leurs coéquipiers à élever leur niveau de jeu, de sorte qu’ils ne se laissent jamais aller …

L’artiste

Si l’on devait dire par quel joueur de Sir Alex la nouvelle aura d'invincibilité de United a été forgée, ce serait Roy Keane. Les efforts surhumains de Keano pour ramener United à la vie contre la Juventus en demi-finale retour de la Ligue de Champions de 1999 (après avoir été averti, synonyme de suspension pour la finale) font maintenant partie de la légende du club. Mais une montée d'adrénaline égale nous arrive dès que l’on se remémore le mythique "See you out there", lancé par Keano à Patrick Vieira en février 2005 dans le tunnel d’Highbury. United gagna sur le score de 4-2. Ce jour-là, Vieira fût battu avant même de toucher le ballon. Keane transforma ce parfait duel en conflit. Même au sommet de son art, l'Irlandais voulait se montrer à la hauteur de Bryan Robson, qui était toujours disposé à se sacrifier pour l’équipe au cours des années 80 et au début des années 90.

Ici aussi, nous pourrions inclure Norman Whiteside, le natif de Belfast, qui adorait appuyer ses tacles pour se faire respecter et amener son adversaire à prendre ses jambes à son cou (n’est-ce pas, M. McMahon de Liverpool).


LE MARATHONIEN

Ses remarquables tentatives vous le feront connaître. Pendant que certains joueurs crachent leurs poumons et s’essoufflent après 70 mètres d’une surface de réparation à l’autre, votre marathonien est prêt à en remettre un coup. Comme Bruce Springsteen, né pour courir…

L’artiste

Il y a toujours une place dans nos cœurs réservée à ceux qui personnifient notre propre désir d'être nous-mêmes sur le terrain, en donnant tout pour le maillot. Remi Moses, qui a été lancé contre West Brom peu de temps avant Robson, est un nom qui recueille toujours l'approbation par des signes de la tête. Avant d’avoir été forcé d’arrêter de jouer pour un problème au genou à l’âge de 27 ans, Remi, un gars de Miles Platting (district de Manchester) avec des jambes comme des pistons, aurait pu faire partie des meilleurs – comme le prouve sa démonstration contre le Barça au quart de finale de la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupes de 1984.

La réputation de Paul Ince a été ternie par son transfert à Liverpool, mais il n'y avait aucun doute sur son engagement avec les Red Devils. Ensuite, il y a ceux qui se précipitent dans d’autres directions – en témoigne l’importance qu’avait Phil Neville. Le plus jeune des Nev, quand il avait des instructions de Sir Alex, cela se répétait en boucle dans sa tête et il pouvait, sans hésiter, être appelé à chaque fois qu'Arsenal était dans le coin (OT, 2002/03 …) pour inquiéter et dominer les Gunners – particulièrement Monsieur Vieira, de nouveau.

Récemment, c'est un rôle exécuté très adroitement par notre cher milieu du terrain, Darren Fletcher. Heureusement, nous avons - et continuons à avoir - de nombreux jeunes hommes disposés et - le plus important - capables de répondre à l'appel de tels matchs.

Et l'homme qui est presque impossible à catégoriser… Duncan Edwards. Taillé dans du granit, bâti comme un boxeur poids lourd avec les poumons d'un plongeur, la vision de Leonardo da Vinci et avec une mystérieuse capacité à lire le jeu dans n'importe quelle position et de jouer avec les deux pieds. Nous ne saurons jamais si le colosse de Dudley était proche du sommet de son art lors de sa mort à 21 ans, mais cela vaut la peine de le considérer comme ceux qui ont joué à ses côtés - comme les légendes que sont Bobby Charlton et Jack Crompton, deux des quelques illustres noms de l’histoire du club – et pour qui il n’y a absolument aucun doute qu'ils étaient les meilleurs du lot. Cinquante-deux ans depuis le passage d’Edwards, son nom dépasse toujours les autres. Pour cette seule raison : il est juste de supposer que Big Duncan était la plus grande merveille d'entre tous les milieux de terrain.

Sur le forum