Ce que Arsenal doit faire pour battre United (selon Gary Neville)

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  Gary Neville nous explique comment se préparer avant un match important et donne quelques conseils aux joueurs d'Arsenal (oui, oui !) avant le match de dimanche contre United. Les chances d'Arsenal de gagner cette étrange course au titre de Premier League pourraient grandement augmenter, je crois, s'ils opéraient un grand changement psychologique. En commençant contre Manchester United ce week-end, ils doivent se préparer à affronter les forces de l'adversaire avant de pouvoir imposer leur propre style de football.

Je pense qu'il y a des places à prendre cette saison en Premier League et Arsenal a été l'équipe la plus régulière dans cette compétition depuis janvier. Dans une semaine où ils ont été fragilisés par leur performance en Champions League, ils pourraient n'avoir finalement qu'à se concentrer sur le titre national. Manchester City, Manchester United et Chelsea connaissent des fortunes diverses en Champions League mais Arsenal pourrait avoir la voie la plus facile.

Il y a quelques semaines dans 'Monday Night Foobtall', j'ai utilisé les mots "arrogant" et "naïf" pour décrire l'équipe d'Arsène Wenger. Ils ont été redirigés vers Wenger, ce qui n'était pas mon intention.

Maintenant que Manchester City a cessé de paraître invincible (et avec Chelsea en difficulté), Arsenal et Manchester United doivent penser qu'ils peuvent capitaliser ce week-end. Donc Wenger a une opportunité de mettre fin à 11 ans sans titre. Mais Arsenal doit opérer un changement vital.

Pour en revenir à mon idée d'arrogance et de naïveté, je voudrais revoir mes propres façons de penser avant un gros match. Vous avez toujours l'impression d'être dans un vestiaire avec des coéquipiers en qui vous pouvez avoir confiance ; des coéquipiers qui pensaient aux risques et aux dangers auxquels on devait faire face.

La croyance de Thierry Henry sur le fait qu'Arsenal et Wenger "ne changeront pas" leur style de jeu m'a amené à penser à ça d'un point de vue des joueurs d'Arsenal.

Si je suis Per Mertesacker ce week-end, le vendredi matin avant un match de cette ampleur je penserais : je dois communiquer à Hector Bellerin que Memphis Depay va toujours essayer de faire l'intérieur sur son pied droit, et que je dois être là pour l'aider, bien que j'ai besoin de Bellerin pour lui montrer l'extérieur.

Est-ce que Bellerin pense qu'il doit rester collé à Memphis, et tirer Aaron Ramsey vers lui, pour que je (Mertesacker) ne sois pas exposé par Anthony Martial dans un un contre un qui se jouera à la vitesse ? Est-ce que Monreal pense que Juan Mata peut passer dans un trou de souris entre lui et le milieu de terrain et que Coquelin et Sanchez vont avoir besoin de resserrer l'espace au milieu devant Monreal pour que Mata n'ait pas cet espace devant lui ?

Comment je dis à Cazorla et Coquelin qu'ils doivent faire reculer Ozil pour qu'ils ne se retrouvent pas en sous-nombre par rapport aux trois milieux de United et que Coquelin puisse prendre Rooney ? Comment je fais penser à Theo Walcott qu'il doit penser à surveiller de près Daley Blind et ne pas le laisser ressortir avec la balle – parce que Blind est le meilleur défenseur de United avec le ballon ?

Comment je fais passer le message, en tant que Per Mertesacker, que United a marqué quelques coups-francs et corners culottés, pour que nous soyons vraiment en alerte et que nous restions concentrés sur ces phases de jeu ? Comment je leur rappelle que nous avons perdu un gros match contre Chelsea en manquant de disciplin ?

Quand je jouais, je sentais que j'étais parmi un groupe de joueurs qui, 48 heures avant le match, avait déjà tous les sens en éveil. Nous commencions tous avec la prémisse : quels sont les dangers, quels sont les risques de gagner ce match ? ; ce qui pourrait nous laisser avec un nez en sang qui pourrait signifier que nous ne gagnons ni le match ni le championnat.

Vous savez que Keane, Bruce, McClair et Irwin et d'autres se levaient avec les mêmes pensées ? Et Scholes, Giggs, Ferdinand et Carrick ? Et tellement d'autres encore.

Il y avait toujours trois à quatre joueurs de United qui comprenaient clairement le danger présent dans un match. Notre boulot était de communiquer ça aux joueurs dont le premier instinct était de gagner le match : un Ronaldo ou un Tevez. Il faut faire plus que dire - "Oh regarde-le lui, il est dangereux". Il s'agit d'une information factuelle qui peut être relayée à un autre professionnel sans que lui pense que c'est un message négatif. C'est l'une des clés de la victoire.

Une fois que vous analysé les risques, géré les forces de l'autre équipe, vous pouvez jouer votre football. Et sans cette base, Arsenal pourrait penser qu'ils jouent le meilleur football du championnat, avec une grande possession de balle et de fantastiques joueurs de un contre un qui pourraient leur faire gagner le match. Ramsey, Ozil, Sanchez, Walcott, Cazorla.

Donc l'arrogance et la naïveté seraient ces joueurs d'Arsenal se réveillant le dimanche matin et ne voyant pas les dangers posés par United, qui est mieux organisé, avec une meilleure structure défensive. Ce serait une erreur pour Arsenal de juste se réveiller et penser : nous jouons un meilleur football, nous avons une meilleure possession de balle, nous pouvons enfoncer United.

Si cette approche ne fonctionne pas, on va vous qualifier de tendre, de fragile. Votre caractère va être remis en question. 'Le mental ' dans les grands matchs commence 48 heures avant le coup d'envoi. Ca commence par un joueur qui pense : comment je vais gagner ce duel avec Memphis Depay ou Anthony Martial ? Ca se joue sur les petits détails. Et il ne s'agit pas de sacrifier ses principes. Il s'agit de respecter votre adversaire, l'empêcher d'utiliser ses armes et permettre à vos propres forces de vous donner une base saine pour gagner le match.

Je peux me tromper, mais je sens que les joueurs d'Arsenal vont à l'entrainement le vendredi matin en pensant à comment ils vont passer le ballon, marquer d'une bicyclette, à combien ils vont s'amuser. Le samedi matin, ils ne se sont toujours pas mis dans l'optique d'un match important. Le dimanche matin c'est trop tard. C'est fatal de penser comme ça avant un gros match.

Mon idée étant, qu'au moment où vous allez vous coucher le soir avant ce match, vous avez joué LE match et vous l'avez imaginé dans votre tête. Vous avez joué chaque passe et fait chaque mouvement.

Ces trois ou quatre dernières années, je ne pense pas qu'Arsenal se soit préparé mentalement pour les plus gros matchs. Ce n'est pas assez pour eux de joueur à leur manière et de supposer que cela va les mener au sommet. Ce n'est jamais assez. Les gros matchs sont gagnés sur des détails, sur la façon des les appréhender, sur la préparation. Si Arsenal fait ce changement, ils peuvent vraiment jouer le titre.

 


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Source(s) : telegraph.co.uk