Par où commencer quand on veut présenter Anthony Martial ? Pour certains, il est représenté comme un simple joueur français victime de l’inflation des prix. Pour d’autres, il est cantoné à trainer le montant de son transfert. Néanmoins son histoire et son ascension laissent présager un avenir prometteur. Réelle Rockstar et adoubé par Old Trafford dès sa grande première, le jeune essonnien est le chouchou des supporters devant Rashford, l’enfant du pays. Comment l’international français a-t-il réussi à se créer une place dans une époque où chaque année de nouveaux jeunes attaquants français dictent la loi ?

 

Des débuts prometteurs…

Le réel épanouissement d’Anthony commence à Monaco. En effet, dans une ère où les transferts sont de plus en plus ahurissants, il arrive en claquette chaussette pour 5 millions d’euros à seulement 17 ans dans un effectif qui tend à recruter les meilleurs jeunes d’Europe. Le début d’une belle mais courte histoire pour l’antillais : Dès son premier match titulaire, il marque. Néanmoins, c’est un match en ligue des champions qui va changer la vie de notre Frenchie préféré contre Arsenal. En effet, il nous fait une démonstration de ses célèbres double contact, accélération et course nonchalante. Une passe décisive à la clef et un début de notoriété pour le Français qui participe à l’élimination du club anglais. De là, de nombreux clubs vont convoiter le frérot.

Nous sommes à la fin du mercato estival 2015, depuis le départ de Ferguson et le vieillissement de certains cadres, le club bat de l’aile. Les entraineurs se succèdent (Moyes, Giggs) et les matchs s’enchainent dans un climat morose. Van Persie, Falcao, Di Maria et Chicharito quittent le club et seulement deux joueurs offensifs vont rejoindre le navire pour pallier à cela : Memphis Depay et Anthony Martial.

L’Angleterre est sous le choc. The Times titre : « le dernier signe en date d’une panique à Old Trafford », Le Telegraph, quant à lui, évoque : « Une stratégie bling-bling, pas une stratégie réfléchie ». C’est dans ce climat qu’Anthony Martial, âgé de 19 ans seulement, dépose ses valises au nord de l’Angleterre. Cependant personnes n’avaient prédit ce qui se passerait... 

 

L’explosion du phénomène

Nous sommes le 12 Septembre 2015, les fans de Manchester United se lèvent, heureux et stressés d’assister à une des rencontres les plus attendues de l’année : La réception du grand rival Liverpool. Le match se déroule, United domine et Anthony Martial foule pour la première fois la pelouse d’Old Trafford. Signe de croix avant d’entrer, yeux tournés vers le ciel. Ces rituels il ne les quittera quasiment plus. Et puis, le phénomène Martial opère : Il repique dans l’axe, crochet intérieur, enroulé du droit. Le jeune joueur français est immédiatement adoubé et la comparaison avec Thierry Henry ne fait que continuer. La semaine suivante il récidive avec un doublé à Southampton et finit meilleur joueur de BPL du mois de septembre, dès son arrivée, rien que ça.

Les semaines passent, Martial marque en coupe, en ligue des champions, se fait petit à petit sa place dans un championnat anglais qui l’adopte comme un local. Des chants en l’honneur du Français sont scandés pour justifier son prix tandis que la France du football reste perplexe sur un joueur qu’elle a finalement peu vu jouer. Qu’a-t-il a revendiqué dans une période ou la France a la chance d’avoir les meilleurs jeunes attaquants du monde avec Dembélé et Mbappé ? Tout simplement, Martial est un vrai joueur d’Old Trafford. Si ce dernier est le théâtre des rêves, Martial en est le meilleur comédien de la saison 2015-2016. Malgré une saison difficile, il s’est illustré par de nombreux buts et il finira la saison meilleur buteur du cub.

Un but à la dernière minute contre Everton pour aller en finale de FA Cup ainsi que le but de la saison en Angleterre en finale contre Stoke City, le reste de l’effectif passe au second plan tellement les fans vivent à travers les exploits d’Anthony, conscients d’avoir un réel rubis dans les mains.

De plus, Martial rentre dans les normes anglaises. Dans un championnat surmédiatisé où chaque frasque des joueurs sont affichés, chaque mot analysé. Anthony, quant à lui, se veut être calme, réservé et loin des médias. Il apparaitra très rarement dans les médias français contrairement à d’autres jeunes omni présents sur les réseaux sociaux. Certains ne retiendront que ses frasques amoureuses et un euro loin du talent de notre français préféré.

Cependant Martial, pour tout un club et une multitude de fans de football, il reste comme un vestige du passé. Une génération de footballeur peu bavard, pas très adroit avec les réseaux et la communication et surtout avec leur patte perso. Qui peut prétendre avoir vu plusieurs matchs de Manchester United sans connaître les doubles contacts d’Anthony et ses accélérations côtés gauches ? Personne.

Pendant longtemps jugés nonchalants, Mourinho a réussi à réveiller le timal* qui dort en le mettant sur le banc. Meilleur remplaçant d’Europe, Martial vient de commencer dans le onze de départ ce week-end contre Newcastle et à marqué un but de la tête plein de rage qu’on ne lui connaissait pas. Le premier de la tête depuis 2016. Il va sans dire qu’on attend encore beaucoup d’un des meilleurs talents français et nous espérons qu’il ira à la CDM 2018 où sa place l’attend.

 

*Timal : Antillais

 

Bonus : Le Saviez-Vous ?

1) Le transfert de Martial a permis à sa ville des Ulis de gagner 250.000€ qui ont permis d’améliorer le train de vie des jeunes du club (achat d’autocar notamment)

2) Martial vient des Ulis, petite ville de 25.000 habitants dont je suis originaire aussi, vivier de talents car Thierry Henry et notre légendaire latéral Patrice Evra viennent aussi d’ici. I love this game.

3) Martial est très superstitieux, s’il ne marque pas pendant 4 matchs, sa paire de crampons finit à la benne à ordure pour repartir sur une meilleure base.