Ce qu’il faut retenir de la défaite de United sur la pelouse du FC Bâle, pour le compte de la 5e journée de la phase de poules de la Champions League.

United pas qualifié au coup d’envoi

Les Red Devils auraient pu être qualifiés sans jouer en fonction du résultat de l’autre match du groupe entre le CSKA Moscou et Benfica. Avec 6 points d’avance sur le reste du groupe, un nul entre les deux équipes aurait condamné soit Moscou, soit Bâle avant même la dernière journée des poules. Mais la victoire des Russes 2-0 dans le premier match de la soirée les voit remonter à 9 points, tandis que United était à 12 et Bâle à 6. Benfica reste collé au plancher avec un zéro pointé.

Autrement dit, la qualification peut toujours échapper à United, si les Red Devils sont battus par Bâle ce soir, à Moscou (à Old Trafford) le 5 décembre, et que Bâle l’emporte à Benfica au même moment. Et que la différence de buts nous est défavorable, vu que les trois équipes seraient alors ex aequo avec 12 points au compteur.

Bref, un risque faible, mais un risque à prendre en considération tout de même.

Rojo titulaire, quelques titulaires au repos

José Mourinho profite des retours de blessure pour faire souffler quelques joueurs qui en avaient bien besoin. David de Gea et Eric Bailly notamment ne figuraient même pas sur la feuille de match. Marcus Rashford et Nemanja Matic débutent sur le banc.  En défense, à noter le retour de Marcos Rojo, blessé au mois d’avril. Paul Pogba porte le brassard.

La compo de United :  Romero, Darmian, Rojo, Smalling, Blind, Pogba, Herrera, Fellaini, Lingard, Lukaku, Martial. Sur le banc : Lindelof, Zlatan, Rashford, Shaw, Matic, McTominay, Pereira.

La compo de Bâle : Vaclik, Akanji, Suchy, Balanta, Lang, Zuffi, Serey Dié, Petretta, Steffen, Oberlin, Elyounoussi. Sur le banc : Salvi, Fransson, Ajeti, Riveros Galeano, Manzambi, Itten, Bua.

Un début de rencontre timide

Dans un match que les Suisses doivent absolument remporter devant leur public pour continuer à croire en la qualification, on peut légitimement penser que United ne va pas se découvrir plus que de raison et procéder en contre. La compo assez défensive avec les trois milieux que sont Herrera, Fellaini et Pogba, et l’absence sur le terrain ou même le banc d’un Mata et d’un Mkhitaryan, semble plaider cette cause.

Pas étonnant du coup que le premier quart d’heure n’ait pas été le théâtre d’un grand nombre d’émotions, les locaux ne voulant pas non plus se montrer suicidaires dans leurs offensives, et les Anglais se contentant de contenir.

Trois occasions franches pour les Belges de United, sans réussite

Au quart d’heure de jeu, Paul Pogba lance idéalement Romelu Lukaku, qui fait jouer sa puissance pour se présenter en face à face avec Vaclik. Le Belge frappe au but mais ne peut tromper son adversaire qui remet le ballon dans le champ. Une occasion qu’il aurait été judicieux de mettre au fond.

Quelques secondes plus tard, un coup de tête manquant d’un poil de puissance de Marouane Fellaini est sorti sur la ligne par un défenseur bâlois. Deux minutes plus tard encore, Fellaini, encore lui, reprend de la tête un coup franc de Daley Blind mais ne cadre pas.

Pendant ce temps, les Suisses sont aux abonnés absents, avec à peine 35% de possession notamment après 25 minutes de jeu.

Un manque de précision frustrant

Malgré les quelques bonnes intentions mancuniennes, le dernier geste de nos joueurs n’est pas vraiment couvert de réussite. Mis à part le raté de Lukaku mentionné au-dessus, Paul Pogba a également vu un coup franc idéalement placé (plein axe à 20-22 mètres du but) passer au-dessus du but de Vaclik. Un autre exemple criant est ce décalage parfait de Lingard pour Darmian à droite : l’Italien adresse un centre au troisième poteau vers... Daley Blind, lancé, qui adresse à son tour un centre... en sortie de but.

Pendant ce temps, le PSG déroule face au Celtic avec quatre buts en 40 minutes.

Puis un manque de réussite criant !

A 2 minutes de la pause, manque de précision ou manque de réussite ? Le centre tir de Martial depuis l’aile gauche heurte le poteau opposé de Vaclik avant de sortir des limites du jeu. Seul à 6 mètres, la touffe de Fellaini manque de dévier le ballon juste ce qu’il faut, le Belge effleurant à peine le ballon.

En tout cas, à la 45e minute, on ne pourra pas reprocher à Marcos Rojo de manquer de précision lorsqu’il arme une frappe de plus de 30 mètres plein axe. Son tir tendu est dévié par la tête d’un joueur suisse et s’écrase contre la barre du gardien bâlois, figé sur ses appuis, pour la dernière action de la première période !

Un début de seconde période sur les mêmes bases

United attaque bien la seconde mi-temps, mais comme en première, n’est pas récompensé de ses efforts. Un centre de Martial depuis la gauche est repris par Lukaku de la tête au point de penalty, mais la reprise du Belge passe au-dessus. Sur la remise en jeu qui s’ensuit, une très mauvaise relance de Vaclik profite à l’attaque mancunienne, mais Pogba est beaucoup trop dilettante dans sa dernière passe et l’occasion s’envole.

De façon générale, on pourra reprocher à Man Utd un certain manque d’application dans la transmission dans les 30 à 40 derniers mètres, d’autant plus frustrant sur certaines passes qui devraient être des formalités pour des joueurs professionnels.

Bâle prend confiance

Le FC Bâle ne compte pas se laisser faire bien longtemps et obtient un bon coup franc dans le couloir gauche, après une faute de main de Darmian. Le centre est repoussé mais Serey Dié envoie une mine aux 20 mètres qui ne passe pas très loin du but de Romero. Un avertissement pour les Anglais, même si le FC Bâle n’a toujours pas cadré un tir ce soir. United n’en est qu’à deux tentatives dans le cadre sur dix au total.

Ce score de zéro tir cadré, les Suisses ne le conserveront pas longtemps. Avant l’heure de jeu, Elyounoussi, par deux fois, teste Romero avec des frappes lointaines appuyées. Cependant, à chaque fois, ses tirs sont trop centrés pour inquiéter le portier argentin.

Les tentatives suivantes sont plus inquiétantes cependant. Steffen teste d’abord bien Romero sur son côté gauche, une frappe détournée par Oberlin sur laquelle notre gardien s’interpose brillamment. Mais quelques secondes plus tard, le milieu bâlois remet ça, part du couloir droit et repique sur son pied gauche avant de tenter sa chance dans la surface avec un tir tendu qui passe à quelques millimètres du poteau !

L’heure du changement pour United ?

C’est le moment que José Mourinho pour faire sortir Jesse Lingard et Paul Pogba. Marcus Rashford et Nemanja Matic prennent place sur le pré pour tenter de stabiliser l’équipe avec du sang neuf. Il reste alors 25 minutes à jouer.

Mais les occasions se succèdent pour Bâle, bien aidés il faut dire par des relances calamiteuses des Mancuniens. A la 67e minute, c’est même la transversale qui empêche Lang de tromper Romero, après que le ballon ait circulé bien trop longtemps dans et autour de la surface mancunienne. Sur les 15 minutes précédant cette occasion, les Suisses comptabilisent 8 occasions franches !

Enfin, une réaction...

Seul élément semblant encore émerger en défense, Marcos Rojo montre par deux fois que son retour peut faire du bien à notre formation. A la 70e minute, il enlève intelligemment son pied alors que Steffen se roule dans la surface et demande un penalty. L’arbitre de la rencontre juge heureusement correctement cette action et n’accorde pas de sanction. 3 minutes plus tard, il pose un tacle décisif devant Oberlin qui se présente seul face à Romero.

De l’autre côté du terrain, Marcus Rashford tente de forcer la décision mais frappe au ras du mauvais côté du poteau. Mourinho lance Zlatan Ibrahimovic à la place d’Anthony Martial pour le dernier quart d’heure de la rencontre.

Puis la débâcle (1-0 Bâle, 90e)

Le dernier quart d’heure pourrait constituer une définition tout à fait correcte de ce que l’on appelle le néant. United déjà la tête au vestiaire sans doute, face à des joueurs suisses jouant leurs quelques occasions sérieusement. Mais finalement, rien à se mettre sous la dent.

Rien ? Pas tout à fait. A la 90e minute, peut-être trop sûrs de leur coup, les Red Devils se heurtent à un os. Un centre depuis la gauche parvient jusqu’au second poteau où Lang trompe Romero.

United 12. Bâle 9. Moscou 9. La lutte est ouverte pour les places qualificatives en huitièmes. Que les équipes qui les veulent le plus, l’emportent.

Ma note du match

4/10. J’allais donner tout juste la moyenne, avant le but de Lang. Une première mi-temps prometteuse sans être particulièrement étincelante, mais complètement gâchée par 45 dernières minutes proches du néant, et finalement ruinées par cette ouverture du score tardive, avec certains joueurs devenus invisibles après le passage au vestiaire.

Mon joueur du match

Difficile de faire un choix tant les prétendants côté United ne se bousculent pas. Marcos Rojo a été l’auteur d’une prestation solide après plus de 6 mois d’arrêt, et mérite sans doute plus ce titre qu’un autre.