Ce qu’il faut retenir de la victoire des Red Devils sur la pelouse d’Arsenal ce samedi 2 décembre (3-1).

 Mourinho reprend les mêmes

José décide de récompenser les joueurs qui ont gagné à Watford en milieu de semaine (4-2) en réalignant exactement les mêmes titulaires. Avec trois défenseurs centraux, avec Smalling, Rojo et Lindelof, on se dit que Mourinho aura à cœur de contenir les velléités offensives des Gunners, et de jouer le contre à fond.

La compo de United : De Gea, Lindelof, Smalling, Rojo, Valencia, Young, Pogba, Matic, Lingard, Martial, Lukaku. Sur le banc : Mata, Blind, Rashford, Romero, Herrera, Darmian, McTominay.

La compo d’Arsenal : Cech, Koscielny, Mustafi, Monreal, Bellerin, Ramsey, Xhaka, Kolasinac, Ozil, Sanchez, Lacazette. Sur le banc : Mertesacker, Wilshere, Giroud, Ospina, Iwobi, Welbeck, Coquelin.

Arsenal offre ses cadeaux avant l’heure

Si on nous avait dit avant le match que United mènerait 2-0 après moins d’un quart d’heure de jeu, on ne l’aurait sans doute pas cru. En dehors de la dernière sortie à Watford, les Mancuniens se sont montrés assez poussifs offensivement sur leurs derniers matchs, et ont du mal à jouer le Big 6 depuis l’arrivée de Mourinho, surtout à l’extérieur.

Toujours est-il qu’à la 4e minute, Valencia ouvrait le score. Une relance hasardeuse de Koscielny à 30 mètres de son but était interceptée par le très bon jaillissement du capitaine mancunien à droite. Après un une-deux avec Pogba, l’Equatorien terminait entre les jambes de Monreal et celles de Cech et laissait exploser sa joie.

7 minutes plus tard, United doublait son avance. Cette fois, c’est Mustafi qui nous faisait honneur de ses largesses, bien pressé il est vrai par Jesse Lingard. Lukaku trouvait bien Martial dans la profondeur, et le Français retrouvait Lingard d’une subtile déviation de l’extérieur du pied. Sans contrôle, notre numéro 14 terminait via le poteau, à la grande détresse d’Arsène Wenger.

United plie, mais ne rompt pas

Cela nous offrait la garantie d’un match palpitant, les Londoniens ne comptant sans doute pas en rester là. Mais le reste de la première mi-temps a été complètement à sens unique et les Red Devils pouvaient s’estimer heureux de rentrer au vestiaire sans avoir encaissé un pion.

La faute à un David de Gea au sommet de sa forme. On sait l’Espagnol décisif, doté de réflexes hors du commun, mais il faut vraiment regarder un résumé de ce match pour se rendre compte de la partie énormissime qu’il a fait ce samedi (et qui a lui a d’ailleurs valu le titre d’homme du match). Tour à tour, Lacazette, Xhaka, Bellerin, Kolasinac se sont cassés les dents sur la Grande Muraille d’Espagne, dans une première période au terme de laquelle les Gunners auraient sans doute mérité mieux. Et lorsqu’il semblait dans le dur, De Gea était brillamment suppléé par un excellent retour de Matic pour permettre aux siens de garder cet excellent avantage au score.

Les Mancuniens, souvent dépassés par la vivacité et la fréquence des offensives des locaux, tenaient donc bon jusqu’à la pause face à des adversaires désabusés.

Arsenal repart bien... mais De Gea trop puissant

Les Londoniens repartent pied au plancher pour la seconde période et réduisent l’écart dès la 48e minute. Sur une excellente ouverture de Sanchez, Ramsey part dans le dos de la défense et remet très intelligemment en retrait à Lacazette, seul à 6 mètres. Le gardien mancunien ne peut rien cette fois alors que l’attaquant français, complètement seul, finit en force.

United réagit avec Lingard, encore, lancé par Lukaku. L’Anglais file vers la surface adverse et essaie de piquer son ballon pour tromper Cech, mais le portier d’Arsenal dévie le cuir du bras et celui-ci vient s’écraser sur la transversale. Martial, qui a bien suivi, essaie de finir du gauche mais Bellerin et Monreal sont tous les deux sur la ligne et contrent la frappe de notre numéro 11.

Le tournant du match arrive à la 56e minute. Bien trouvé par Iwobi, Lacazette vise le petit filet droit de De Gea d’une frappe puissante du droit, mais ce dernier se détend bien sur sa droite et repousse. Il ne peut cependant capter la balle. Sanchez, qui a été le plus rapide au rebond, se retrouve seul à 3 mètres pour conclure mais De Gea détend sa jambe au prix d’un magnifique réflexe et repousse du pied le tir du Chilien. Une double parade incroyable qui change tout, le score de parité ayant été restauré autrement.

Lingard an rendez-vous, l’erreur de Pogba

Ce sera finalement United qui rajoutera un 3e but, celui-ci encore à mettre au crédit de Jesse Lingard. Mais le très bon travail de Romelu Lukaku, au départ de l’action, et de Paul Pogba, qui contourne avec la plus grande facilité Laurent Koscielny pour servir son coéquipier sur un plateau à bout portant, est également à souligner. United breake à nouveau et se donne de l’air pour la fin du match.

Mais à un quart d’heure du terme, un Pogba autrement brillant avec notamment deux passes décisives commet sa seule erreur du match, une erreur qui lui coûtera accessoirement trois matchs minimum et notamment le derby de la semaine prochaine contre City. Sur un ballon un peu long, le milieu français, sans doute entraîné par son élan, envoie Hector Bellerin au sol d’une semelle appuyée. Sauf que l’Espagnol avait le genou à terre et que ce n’est pas son pied que Pogba vient écraser, mais l’arrière de son genou. Involontaire ou pas, on comprend au vu des images la décision d’Andre Marriner d’exclure directement notre numéro 6 – et on imagine la douleur de Bellerin, qui pourra heureusement continuer après quelques instants d’arrêt.

Voilà de quoi redonner de l’allant aux joueurs d’Arsenal, sans aucun doute boostés par leur nouvelle supériorité numérique.

United maintient les Gunners à distance

Oui mais voilà, Arsenal a eu ses meilleures occasions, et n’arriverait plus à briser le verrou David de Gea en fin de partie. Wenger lançait Giroud et Welbeck : Mourinho remplaçait Martial et Young par Darmian et Herrera pour contenir leurs tentatives.

André Marriner allait avoir maille à partir avec les joueurs en deux occasions. D’abord, Danny Welbeck aurait dû se voir accorder un penalty pour une faute dans la surface de Matteo Darmian, qui, embarqué dans un dribble de notre ancien joueur, lui enlève son pied d’appui au moment où celui-ci va centrer. Enfin, à 3 minutes de la fin du temps réglementaire, Laurent Koscielny stoppe irrégulièrement Romelu Lukaku qui l’a pris de vitesse et ne récolte qu’un carton jaune, alors que le rouge direct n’aurait pas paru scandaleux au vu du positionnement des joueurs impliqués et du reste de la défense londonienne.

Mais plus rien ne serait marqué, et les Red Devils allaient pouvoir célébrer cette victoire importante à plus d’un titre. Non seulement elle nous permet de revenir à 5 points de City (avant le match des Citizens contre West Ham cet après-midi), mais également de faire le plein de confiance avant cette rencontre.

Seule ombre au tableau donc, l’expulsion de Pogba. On compte sur Mourinho pour trouver un moyen de compenser son absence dès le week-end prochain contre City.

Ma note du match : 8/10

United ne se sera pas procuré une pléiade d’occasions, avec notamment 4 tirs cadrés face aux 15 des Gunners (8 vs 33 au total, 1 corner vs 12). Mais quel match ! Au niveau de l’intensité, cela fait longtemps qu’on n’avait pas été autant servis. Un début de partie vraiment idéal, suivi d’une cinquantaine de minutes de souffrance de part et d’autre de la mi-temps ponctuée d’interventions divines de DDG. Le soulagement après le 3e but de Lingard, l’inquiétude après le rouge de Pogba... on sera passés par toutes les émotions.

Le rouge de Pogba gâche finalement un peu ce qui aurait été l’après-midi parfaite. Même s’il est parfois agaçant dans son côté nonchalant, même si ses propos envers les joueurs de City à une semaine du derby ne relèvent pas de la plus grande intelligence, force est de noter qu’il y a un United avec et sans Pogba, et notre numéro 6 a donné 2 passes décisives ce samedi.

Mon joueur du match : David de Gea

Oui, Lingard est en grande forme, avec encore 2 buts aujourd’hui. Et franchement, c’est d’autant plus kiffant qu’il s’agit d’un joueur formé au club, fan de United depuis son plus jeune âge, qui donne toujours 200% dès qu’il est sur la pelouse et qui, même s’il est souvent étiqueté comme moins talentueux que Rashford et Martial, n’a jamais cessé de travailler sans râler. Et un autre jour, je lui aurais donné cette distinction sans hésiter.

Mais que dire du match de David de Gea. On sait que l’Espagnol est un des meilleurs au monde, qu’il a des réflexes hors du commun. Mais ce samedi, son match a été indécent. Sans lui, il aurait paru peu probable que nous prenions les 3 points, tant notre défense, sans être ridicule, a paru mise en difficulté par les Sanchez, Ozil et autres Ramsey et Lacazette. Son arrêt devant Lacazette, justement, en première mi-temps alors que le Français était à 3 mètres du but, et évidemment sa double parade hallucinante devant le même Lacazette et Sanchez, sont le point d’orgue de sa prestation XXL. Au total, Arsenal a eu 14 tirs cadrés et a marqué 1 fois. La faute à un DDG hors normes.