Complètement dominés par une équipe de Tottenham séduisante et menés après 11 secondes de jeu, les Red Devils s’inclinent sans broncher à Wembley (0-2).

Spurs : Lloris, Trippier, Vertonghen, Sanchez, Son, Kane, Dier, Dembele, Alli, Eriksen, Davies. Banc : Rose, Lamela, Wanyama, Vorm, Sissoko, Llorente, Walker-Peters.

United : De Gea, Jones, Pogba, Sanchez, Lukaku, Martial, Smalling, Lingard, Young, Valencia, Matic. Banc : Rojo, Mata, Rashford, Romero, Herrera, Shaw, Fellaini.

José Mourinho alignait la même formation que celle de la victoire à Burnley 1-0, à une exception notable près : la première apparition en championnat sous ses nouvelles couleurs d’Alexis Sanchez, transféré d’Arsenal la semaine passée.

De son côté, Mauricio Pocchetino pouvait compter sur le retour de Christian Eriksen dans l’entrejeu, ainsi que sur ceux de Hugo Lloris et Kieran Trippier, indisponibles lors du nul contre Southampton 10 jours plus tôt.

Le match ne pouvait pas plus mal commencer pour United, encaissant un but après 11 secondes de jeu. Sur un long ballon de Vertonghen, Kane prenait le meilleur sur Jones de la tête et déviait dans la course de Dele Alli. Sa frappe manquée profitait à Christian Eriksen, qui échappait au marquage de Young, lequel finissait avec précision à moins de 10 mètres (0-1, 1ère).

United réagissait bien, mais à la 3ème minute, sur un service parfait de Pogba, Lingard se heurtait à la bonne sortie dans ses pieds de Lloris pour l’empêcher de conclure.

Les Red Devils pouvaient se montrer assez tranchants dans leurs incursions, mais aussi fébriles défensivement. Pendant que Sanchez, Martial et Lingard combinaient de façon intéressante dans la moitié de terrain adverse, obligeant au passage Moussa Dembélé à une faute « tactique » et à un carton jaune avant le quart d’heure de jeu, Matic ou Smalling peinaient à convaincre par la pertinence de leurs choix, et David de Gea offrait une demi-occasion à Dele Alli, bien repris par un Phil Jones quant à lui impeccable, sur un dégagement manqué.

Les Spurs déroulaient quant à eux le jeu léché et attrayant qu’on leur connaît, sans pour autant se montrer excessivement dangereux – en tout cas, pas sans qu’on ne leur donne un petit coup de main. Kane, en appui, et Eriksen, dans la construction, se révélaient comme à leur habitude des atouts précieux.

A la 24e minute, Eriksen procurait à son équipe une occasion en or de doubler son avance, en servant idéalement Harry Kane dans la surface mancunienne. L’attaquant anglais, suivi par Smalling mais dans une position avantageuse au vu du positionnement de notre défenseur central, ne pouvait cependant faire mieux qu’une frappe écrasée plein cadre, facilement captée par De Gea. 2 minutes plus tard, Alli était parfaitement lancé à son tour et face au seul Jones, mais notre défenseur parvenait à dévier ce qu’il faut la passe du joueur des Spurs vers Son, mettant fin à l’action.

Impeccable jusque-là, Jones devenait coupable à la 28e minute, sur une nouvelle vague blanche s’abattant sur le camp rouge. Trippier, côté droit, se retrouvait avec tout l’espace du monde pour ajuster un centre au cordeau vers Kane dans la surface. Phil Jones, à six mètres, tentait de dégager du droit quand le gauche aurait peut-être été plus adéquat, et expédiait la balle en lucarne au grand désarroi d’un de Gea battu (0-2, 28e).

Notre défense prenait désormais l’eau de toutes parts, notre attaque se retrouvait incapable d’aligner deux passes, et des joueurs tels que Pogba, Matic ou Alexis avaient complètement disparu du paysage. Les Spurs dominaient totalement leur sujet. Juste après le but, Alli se retrouvait en position de frappe à 10 mètres et était repris in extremis par le tacle de Valencia au moment d’armer. Penalty ou pas ? Telle est la question, et difficile de répondre même avec plusieurs ralentis. Dans tous les cas, Andre Marriner décidait de laisser le jeu se poursuivre, et de nous laisser un brin d’espoir de revenir.

Avant la pause, les Londoniens continuaient d’étaler leur facilité à se trouver quelle que soit la zone du terrain. Alli et Kane étaient trouvés beaucoup trop facilement dans des situations face à un unique défenseur, et United survivait en chaque occasion – mais pour combien de temps ? Dans l’ensemble, une première période à oublier complètement, et on se demande bien alors quel tour de magie sera nécessaire pour revenir à hauteur de Tottenham, surtout dans un si bon jour.

Pas de changement à la reprise au niveau des acteurs, et même si United mettait un peu de pression sur les Londoniens d’entrée de jeu, c’est Dele Alli qui se procurait la première vraie occasion des 45 dernières minutes, voyant cependant sa frappe écrasée passer hors du cadre. United se montrait toujours timide, ou plutôt incapable de percer le rideau défensif efficace de Tottenham, parfois aidé d’un brin de réussite comme sur cette reprise d’Alexis sur corner stoppée par la main de Son sans que M. Marriner n’y trouve à redire.

A la 56e cependant, une belle ouverture d’un Pogba autrement fantomatique jusqu’ici trouvait Lukaku excentré à gauche, et le Belge armait une reprise puissante que Lloris sortait difficilement en corner. Toujours deux pions d’avance pour Tottenham à l’heure de jeu, et pas vraiment de signe indiquant que United pourrait refaire son retard dans la dernière demi-heure. Le moment pour Mourinho d’envoyer un message fort, en remplaçant Pogba, une première, par Mata, et Lingard par Fellaini à la 63e.

A la 65e, ce sont en tout cas les Spurs qui passent à quelques centimètres d’un troisième but. Eriksen, depuis la droite, fait parler sa puissance et sa précision, mais son tir de 20 mètres rase le poteau de De Gea. Davies et Kane, dans les deux minutes suivantes, sont trouvés beaucoup trop facilement plein axe, mais leurs frappes manquant de puissance sont captées sans problème par De Gea. A la 69e minute, l’Espagnol repousse miraculeusement la frappe de Son dans un angle un peu plus fermé, le Coréen ayant à son tour été trouvé sans problème dans la surface.

Scène assez incroyable à la 70e ensuite : Fellaini, entré 7 minutes plus tôt, est remplacé par Ander Herrera. Peut-être la conséquence d’un problème physique, mais dans tous les cas, voilà qui ne laisse plus de place à un autre remplacement.

 

Plus le match avance, et plus on comprend que les joueurs mancuniens, passés complètement au travers de leur match, ne reviendront pas. Un de ces matchs où l’on pourrait jouer 180, 270, 450 minutes, et ne pas marquer un pion. Pendant ce temps, les locaux survolent littéralement les débats, accumulent les occasions, laissent leurs défenseurs centraux slalomer entre trois joueurs dans leur moitié de terrain. City, dans le même temps, s’impose 3-0 face à WBA. United conserve sa seconde place à la seule faveur de la contre-performance de Chelsea, défait 3-0 sur sa pelouse par Bournemouth.