Une équipe de Séville ambitieuse et offensive se qualifie à Old Trafford sans être vraiment mise en danger. C'est la fin du parcours européen pour United.

Man Utd : De Gea, Valencia, Bailly, Smalling, Young, Fellaini, Matic, Rashford, Sanchez, Lingard, Lukaku. Banc : Lindelof, Pogba, Martial, Mata, Romero, Darmian, McTominay.

FC Séville : Rico, Mercado, Kjaer, Lenglet, Escudero, N’Zonzi, Banega, Sarabia, Vazquez, Correa, Muriel. Banc : Ben Yedder, Geis, Soria, Pizarro, Martin Pareja, Nolito, Arana Lopes.

Après le match aller, terminé sur un score nul et vierge à Sanchez Pizjuan, José Mourinho décide de se passer des services des Français Paul Pogba et Anthony Martial, tous deux sur le banc. Scott McTominay est également remplaçant au coup d’envoi. Marcus Rashford est récompensé pour sa performance contre Liverpool, avec Jesse Lingard sur l’autre aile, tandis que Marouane Fellaini est aligné aux côtés de Nemanja Matic au milieu de terrain.

United démarre mal

Le début de rencontre n’est pas vraiment rassurant pour les Mancuniens, pressés haut par les joueurs espagnols et ayant toutes les peines du monde à combiner... comme au match aller. Les Sévillans prennent le jeu à leur compte et enchaînent les phases de jeu intéressantes, débouchant sur plusieurs situations de frappe, ne parvenant heureusement à en cadrer aucune dans le premier quart d’heure de jeu. La tête de Correa sur corner à la 9e, cependant, fait passer un frisson dans les travées d’Old Trafford, la balle passant de peu au-dessus de la transversale.

A l’inverse, les Red Devils accumulent les pertes de balle et les approximations sous les yeux d’un José Mourinho sceptique, comme ce ballon rendu facilement par Eric Bailly à 20 mètres de ses buts qui permet à Luis Muriel de se procurer une opportunité sans forcer à la 14e, sa frappe passant au-dessus. Le pressing constant des visiteurs, cumulé aux hésitations des Mancuniens sur leurs prises de balle, donne des résultats loin d’être ceux escomptés, les Anglais ne se mettant pas vraiment en confiance dans cette partie.

On se remémore alors le calvaire du match aller, pendant lequel United n’avait rien proposé et avait été chanceux de revenir avec le match nul de leur voyage dans la péninsule ibérique – la faute notamment à un De Gea exceptionnel. Et on espère que les Mancuniens vont redresser la barre et prendre le contrôle de la situation à Old Trafford.

La possession s’équilibre peu à peu au fur et à mesure que le temps passe, descendant sous la barre de 60% pour Séville après 20 minutes de jeu. Les hommes de Vincenzo Montella continuent de se montrer les plus dangereux, comme en témoigne la frappe de Muriel – non cadrée mais intéressante – à la 26e.

Une réaction timide, mais une réaction tout de même

United peine à réagir, et lorsque Marcus Rashford adresse un ballon parfait à Romelu Lukaku à la limite du hors-jeu, au-dessus de la défense, le Belge est trompé par l’hésitation de son garde-chiourme et rate son contrôle face à Sergio Rico, dans une position qui semblait idéale (30e) ! C’est donc Séville qui se procure le premier tir cadré du match à la 33e. La frappe de Muriel est en revanche beaucoup trop molle pour inquiéter David de Gea.

United attend les dix dernières minutes de la première période pour connaître enfin un temps fort. Marouane Fellaini récupère un bon ballon à 30 mètres du but sévillan et joue un une-deux avec Lukaku lui permettant de se retrouver dans la surface, excentré côté gauche. Qu’importe, le milieu prend sa chance du gauche et sa frappe puissante met en difficulté Sergio Rico qui dévie comme il peut en corner, un corner que Séville dégagera difficilement (37e). Le même Fellaini reprendra sa chance à 20 mètres à la 40e, mais sa frappe puissante est déviée par un dos espagnol dans la surface adverse. De bons décalages commencent à apparaître, comme Jesse Lingard parti à droite mais ne récupérant qu’un corner à la 43e suite au bon retour adverse.

Mi-temps : 0-0. 

United vit dangereusement

Si United semble attaquer la seconde période, face à Stretford End, avec de meilleures intentions, Old Trafford est quand même traversé par un gros frisson à la 48e. Sur une action rapidement menée par Séville, Joaquin Correa se retrouve d’un coup seul face à David de Gea, avec un espace de 10 mètres autour de lui. Heureusement, l’Argentin tergiverse la seconde de trop, permettant à Rashford (!) de venir le perturber, et il faut un tacle aussi précis qu’autoritaire d’Eric Bailly pour empêcher le feu follet adverse d’allumer notre gardien depuis le point de penalty.

Piqué au vif, les Red Devils envoient une salve à leur tour. Romelu Lukaku se bat pour récupérer un ballon qui semble perdu et sert Lingard, dont la frappe dans un angle fermé est déviée du bout des doigts par Rico (52e). Les Mancuniens sont plus percutants dans leurs prises de balles et leurs offensives, et on sent aussi les Sévillans moins sereins que pendant les 45 premières minutes. Mais le couperet est proche des deux côtés, en témoigne la combinaison espagnole qui termine avec un centre au cordeau vers Luis Muriel qui ne trouve pas le cadre de près, bien serré par son défenseur (56e).

Et à ce moment du match, un but espagnol rendrait nos affaires bien difficiles : comment marquer 2 buts en 30 minutes, à une équipe qui n’en a concédé aucun sur les 150 précédentes et va sans aucun doute parquer le bus pour se qualifier ?

Le coaching gagnant de Montella

Il est donc l’heure de prendre quelques risques, et Mourinho envoie Pogba au combat, en lieu et place d’un Fellaini plutôt bon, mais moins enclin à faire la différence sur une étincelle. Mais le Français s’attire quasi-immédiatement les foudres du Théâtre des Rêves en manquant une passe pourtant facile, selon ses standards, dans le rond central alors qu’il n’est pas attaqué... Quelques minutes plus tard, Vincenzo Montella lance Wissam Ben Yedder, un choix loin d’être défensif – l’Italien n’a visiblement pas envie de laisser la séance de tirs aux buts dicter le sort de cette confrontation !

Et un choix qui est récompensé presque immédiatement. A la 74e, bien servi entre Smalling et Bailly à l’entrée de la surface, Ben Yedder se met sur son pied droit et décoche une frappe au ras du poteau de De Gea, trop court sur sa gauche (0-1). Les Espagnols exultent, les Anglais ont la tête basse. Old Trafford plonge dans un silence accablant, juste troublé par les fêtards ibériques qui ont l’air de ne pas en croire leurs yeux.

Le coaching désespéré de José Mourinho, avec Martial et Mata lancés ensemble à la place de Lingard et Valencia, semble arriver un poil trop tard. Et Séville remet une couche 3 minutes après le premier but. Sur un centre depuis la gauche, Ben Yedder est encore là pour reprendre de la tête, plus haut qu’Ashley Young. De Gea se détend bien, mais ne peut empêcher le cuir de traverser la ligne (0-2, 78e). Il faut désormais 3 buts aux Mancuniens pour se qualifier.

United n’a pas le niveau Champions League

La fin de match commence comme un long chemin de croix. Les Espagnols empilent les occasions franches de marquer un troisième but. Lukaku et Smalling ont tous deux des opportunités dans la surface adverse, mais manquent de précision face au but dans des positions pas faciles. Le Belge réduira tout de même l’écart à la 83e, sur un corner frappé par Mata côté droit : Matic laisse filer et Lukaku termine d’une volée acrobatique du gauche pas dégueulasse (1-2).

Les quatre minutes de temps additionnel n’y feront rien. Ben Yedder passe même près du triplé dans un face à face avec De Gea, bien négocié par l’Espagnol. Le FC Séville réalise l’exploit – si on peut vraiment parler d’exploit.

Dans tous les cas, le constat est là : United n’a pas réussi à éliminer le cinquième de Liga, qui a pris 5 buts à domicile par l’Atletico et a perdu 0-2 à domicile face au FC Valence, le tout depuis le match aller d’il y a trois semaines. Sixièmes de Premier League l’an dernier, les Red Devils n’ont dû leur qualification qu’à leur victoire en Europa League. Peut-être qu’en fait, la marche était réellement trop haute. La FA Cup, dès samedi face à Brighton, est désormais le seul espoir de sauver une saison qui ne restera pas dans l’Histoire de Manchester United.