Complètement hors du coup pendant 45 minutes, assommés à la pause, les Red Devils réalisent un come-back improbable et remportent une victoire de prestige chez le rival citizen.

Manchester City 2-3 Manchester United
Premier League, 33e journée
Samedi 7 avril 2018

Buts :

  • Vincent Kompany (25e, servi par Leroy Sané)
  • Ilkay Gündogan (30e, servi par Raheem Sterling)
  • Paul Pogba (53e, servi par Ander Herrera)
  • Paul Pogba (55e, servi par Alexis Sanchez)
  • Chris Smalling (69e, servi par Alexis Sanchez)

L'essentiel

José Mourinho titularise Ander Herrera au centre du jeu et fait confiance à une défense centrale Bailly - Smalling, tandis que Pep Guardiola repose De Bruyne, Gabriel Jesus et Sergio Aguero.

Manchester City domine complètement la première mi-temps et marque deux buts avant la demi-heure de jeu par Kompany et Gündogan.

Les Citizens manquent deux occasions très franches de prendre le large dans les dix minutes suivantes, Sterling frappant deux fois au-dessus alors qu'idéalement placé.

Ils auront encore deux belles occasions avant la pause par Sterling et Gündogan, tandis que United reste sans réaction.

United revient métamorphosé en seconde période et plante deux fois en deux minutes, deux réalisations de Pogba, pour revenir dans la partie, alors que Gündogan vient de frapper le poteau.

Chris Smalling donne l'avantage à United à 20 minutes du terme sur un coup franc d'Alexis Sanchez.

Manchester City ne reviendra pas malgré un poteau de Sterling et doit attendre une semaine a minima pour fêter son titre de champion.

Les compos

Manchester City : Ederson, Danilo, Kompany, Otamendi, Delph, Gündogan, Fernandinho, Silva, Bernardo Silva, Sterling, Sané. Banc : Bravo, Walker, Agüero, Laporte, De Bruyne, Jesus, Y Touré.

Manchester United : de Gea, A Valencia, Bailly, Smalling, Young, Herrera, Matic, Pogba, Lingard, R Lukaku, Sánchez. Banc : Lindelöf, Rojo, Mata, Martial, Rashford, McTominay, Castro Pereira.

Arbitre : Martin Atkinson.

Première période

Malgré le turnover de Pep Guardiola, les joueurs et supporters citizens ont bien l'intention de gagner leur cinquième titre dès ce samedi face à United. Aussi, dans un Etihad Stadium plutôt chaud, les locaux crient-ils au scandale à la 5ème minute de jeu. Sur un centre depuis la gauche, Ashley Young, pris à contrepied, glisse dans la surface et dévie le cuir de la main dans sa chute. Martin Atkison reste de marbre.

Il est vrai que cette décision aurait tout à fait pu nous être défavorable, comme deux autres, moins cruciales a priori, dans le premier quart d'heure, sur deux interventions d'Ashley Young face à un Raheem Sterling très remuant. Sans doute rien qui ne mérite que l'arbitre de touche côté droit ne soit ciblé par une gourde en plastique jetée des tribunes, mais il faut croire que même dans un public aussi gâté que celui du stade des Sky Blues, certains ne sont pas sereins outre mesure à l'approche de ce match... ou encore énervés de la contre-performance des leurs ce mercredi.

Manchester City prend en tout cas le contrôle des opérations dès les premières minutes et réalise un gros pressing sur les joueurs de Manchester United, forçant les Red Devils à faire preuve de précipitation en plusieurs occasions, que ce soit dans des relances de la défense mal assurées ou des passes manquant de précision dans l'entrejeu. Même sans plusieurs titulaires, les Sky Blues ont un effectif de qualité, et la justesse technique des locaux leur offre une grosse occasion à la 21e. Bernardo Silva joue un une-deux avec Sterling et peut se présenter face à De Gea, mais le gardien espagnol a bien senti le coup et fermé l'angle.

City n'aura pas besoin de dix occasions pour prendre l'avantage, et nous punit à la 25e minute sur un corner concédé suite à un dégagement horriblement raté de Valencia. Le coup de pied de coin est brillamment frappé, Kompany arrive lancé, se défait d'un Chris Smalling incapable de maîtriser le Belge, et catapulte le ballon hors de portée de De Gea, impuissant (0-1, 25e). Un cadeau ô combien important à City fait par son capitaine, après une erreur évitable de notre capitaine. Quelle ironie...

Cinq minutes plus tard, City assène le second coup de massue pour enfoncer une équipe de United qui n'en demandait pas tant. David de Gea manque sa relance, mettant ses coéquipiers en difficulté, même si tout reste à faire pour Ilkay Gündogan à 40 mètres du but des Red Devils. Qu'importe, l'Allemand avance, s'appuie sur Sterling désormais à gauche qui lui remet après avoir évité deux défenseurs, se met face au but d'un contrôle orienté superbe et termine dans le petit filet opposé au ras du sol (0-2, 30e).

Manchester City impressionne de par sa maîtrise, au moins autant que Manchester United impressionne de par sa fragilité et ses errances. Sous les yeux d'un Sir Alex Ferguson et d'un David Gill dépités, Raheem Sterling passe à deux doigts de transformer cette première demi-heure en humiliation totale, se présentant seul face à De Gea après un alignement douteux de notre défense, mais frappant au-dessus depuis le point de penalty (33e).

Bis repetita trois minutes plus tard, et encore une fois, Sterling frappe au-dessus du cadre après un bon mouvement offensif de son équipe, qui fait le plein de confiance avant d'essayer de retourner Liverpool en Champions League 3 jours plus tard. Cette fois, l'Anglais est trouvé par David Silva, encore plein axe, et encore une fois, il doit cadrer son tir et nous ne devons notre salut qu'à son imprécision. Le score pourrait être facilement de 4-0 sans que nous trouvions à y redire.

United fait désormais office de sparring partner, voire de punching ball. Dans le tiers du terrain qui se termine par le but de De Gea, les maillots bleu ciel rentrent comme dans du beurre, Sané trouvant encore bien Sterling au point de penalty alors qu'au moins deux autres coéquipiers pouvaient prétendre à l'offrande, mais le jeune Anglais frappant mollement sur notre gardien. Gündogan, à la 42e, part seul dans le dos de notre ligne défensive et reprend de la tête aux 6 mètres l'excellent ballon par dessus de Fernandinho, mais c'est directement dans les bras de De Gea.

Dans ce raz-de-marée, aucun rouge ne surnage, tandis que chacun des bleu ciel joue sa partition avec maîtrise. Men against boys, comme dirait l'autre. Martin Atkinson, sous les vivas de la foule, vient mettre un terme à 45 premières minutes particulièrement difficiles à vivre pour les joueurs et supporters de United.

Mi-temps : Manchester City 2-0 Manchester United.

Seconde période

Pas de changement à la reprise pour José Mourinho et Pep Guardiola, qui décident de repartir sur les mêmes bases. Le Portugais fait donc confiance à la capacité de réaction de ses joueurs pour tâcher de renverser la situation. Et ses joueurs vont effectivement montrer plus de choses en 4 minutes au début de la seconde période, que pendant les 45 minutes qui ont précédé, en obtenant deux corners, et en forçant un arrêt d'Ederson sur une frappe du gauche de Pogba à l'entrée de la surface.

Mais City n'est pas resté au vestiaire pour autant, et déploie encore un beau mouvement collectif à la 50e pour faire passer des sueurs froides chez les Red Devils. Sterling, bien trouvé à droite, parvient à servir Gündogan dans l'axe en retrait, dont le tir subtilement travaillé vient caresser l'arête de la cage de De Gea avant de sortir...

Une lueur d'espoir renaît à la 53e minute, United réduit l'écart! Alexis Sanchez s'arrache côté droit entre trois joueurs adverses et centre à l'entrée de la surface. Ander Herrera a une illumination, adresse une passe de la poitrine dans la profondeur vers Pogba qui se retrouve seul face à Ederson et ne se fait pas prier pour conclure ce très beau mouvement collectif (2-1, 53e).

A ce moment, on mesure toutefois l'étendue du chemin restant à parcourir, au vu de la domination locale en première période. Et pourtant. Moins de deux minutes après la réduction du score, une équipe de Manchester United qui n'a pas frappé une seule fois au but en trois quarts d'heure aligne un second pion. Et une nouvelle fois, par l'intermédiaire de celui qui a peut-être été notre joueur le plus agaçant de la soirée, voire de la saison. Cette fois, Alexis se mue en passeur, expédiant un superbe ballon au-dessus de la défense vers le Français qui a été le seul à prendre l'intervalle. Le numéro 6 s'élève et prolonge de la tête hors de portée d'Ederson, battu (2-2, 55e)!

Attention à l'euphorie ambiante, mais on se dit alors que tout peut arriver, d'autant que...

Les Sky Blues sont méconnaissables, même si l'on sent bien qu'ils restent tout aussi dangereux si l'occasion leur est procurée de faire parler la poudre. En l'état, ils ne sont plus sacrés champions dès ce samedi, la victoire leur étant indispensable pour cela. Vont-ils remettre les gaz pour forcer la décision, quitte à laisser des plumes avant leur rendez-vous important de mardi en C1? Une chose est sûre, Liverpool pourra remercier son grand rival pour ne pas avoir rendu les choses trop faciles à son prochain adversaire.

Au-delà du réel, épisode 3. A un peu plus de 20 minutes du terme, Chris Smalling, laissé KO par Kompany sur l'ouverture du score, tient sa revanche. Sur un coup franc parfaitement tiré par Sanchez, le défenseur anglais s'échappe devant ses poursuivants et termine d'un plat du pied maîtrisé à bout portant, ne laissant aucune chance à Ederson (3-2, 69e). Quel come-back! Et l'Etihad Stadium de sombrer dans la dépression, voyant la beuverie tant attendue s'éloigner...

Mais attention : les 25 dernières minutes nous ont appris que le football pouvait être complètement dingue. Alors, lorsque Guardiola lance De Bruyne et Gabriel Jesus sur le terrain à la 72e, on se dit que la partie est loin d'être terminée. Sergio Aguero les suit quatre minutes plus tard, c'est un all-in. Marcus Rashford, qui était sur le point d'entrer en jeu, retourne quant à lui bien sagement s'assoir... Qui pourra blâmer Mourinho pour cela?

Et le diable est dans les détails, comme disent nos amis anglophones. A la 78e, City lance un contre après une offensive de United : de Bruyne sert Aguero à droite qui est repris in extremis par le tacle autoritaire de Young. Certains qu'un penalty devrait leur être accordé, les Sky Blues dégoupillent et démarrent un début d'échauffourée. Chaque faute, sifflée ou non, des Red Devils est désormais prétexte à venir chercher l'embrouille, comme sur ce tacle sévère de Pogba à la 81e sanctionné d'un jaune. Ambiance derby à l'ancienne!

Pour parachever cette seconde période hors du commun, il manque cependant un ingrédient. Ingrédient fourni à la 89e minute par David de Gea. Sur un centre parfait, Aguero ajuste un coup de tête qui part bien mais que l'Espagnol dévie au-dessus de sa transversale au prix d'une parade énorme. S'ensuit alors une flopée de corners pour les Sky Blues que ne peuvent dégager nos défenseurs, jusqu'à ce que Raheem Sterling voie le cuir échouer sur son pied droit à deux mètres du but... et ne frappe sur le poteau à bout portant!

Cinq minutes d'arrêt de jeu, mais plus rien ne peut nous arriver. Rashford, qui a remplacé Alexis, et Herrera gagnent un temps précieux en remportant des coups francs dans la moitié de terrain adverse, pendant que certains Citizens continuent de péter les plombs avec des gestes loin d'être à leur honneur. Mourinho a un bilan négatif face à Guardiola, mais il a gagné le match qu'il ne fallait pas perdre, alors qu'on ne donnait pas cher de notre peau 45 minutes plus tôt. Un match qui ne changera rien pour le titre, que City remportera probablement la semaine prochaine, mais un match qui lave l'honneur de Manchester United. We'll never die.

Score final : Manchester City 2-3 Manchester United.

A bientôt!

Manchester United recevra West Bromwich Albion dans le cadre de la 34e journée de Premier League, samedi 14 avril à Old Trafford. Le coup d'envoi sera donné à 17 heures, heure française. Les Baggies sont derniers à 10 points du premier non-relégable, et n'ont plus gagné depuis le 13 janvier face à Brighton (2-0). Leur destin pourrait être scellé au terme de cette rencontre.