FC Séville 2-1 Manchester United : désillusion pour les Red Devils

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Manchester United s'est créé de nombreuses occasions, mais a laissé filer une finale d'Europa League pourtant à sa portée face à une équipe sévillane qui a su frapper au bon moment. La saison est terminée pour les Mancuniens.

Dim. 16 août 2020 - 21:00
Europa League - 1/2 finale
FC Séville
2
1
Manchester United

FC Séville (4-3-3) : Bono - Reguilon, Diego Carlos, Koundé, Navas - Jordan (Gudelj 88'), Fernando, Banega - Ocampos (Munir 56'), En-Nesyri (de Jong 56'), Suso (Vazquez 75'). Remplaçants : Vaclik, Javi Díaz, Sergi Gómez, Rodríguez, Óliver Torres, Escudero, Pérez Rico, José Lara. Entraîneur : Julen Lopetegui.

Manchester United (4-2-3-1) : De Gea - Williams (Fosu-Mensah 87'), Lindelöf, Maguire, Wan-Bissaka (James 87') - Fred, Pogba - Rashford (Mata 87'), Fernandes, Greenwood (Ighalo 90'+3). Remplaçants : Andreas, Bailly, Grant, Romero, Matic, McTominay, Mengi, Lingard. Entraîneur : Ole Gunnar Solskjaer.

Arbitre central : Felix Brych. Assistants : Mark Borsch, Stefan Lupp. Quatrième arbitre : Daniel Siebert. VAR : Bastian Dankert. Assistant au VAR : Marco Fritz.

Buts : Suso (26', p.d. Ocampos), de Jong (78', p.d. Navas) pour Séville ; Fernandes (9' s.p.) pour Manchester United.

On a vu une équipe de Manchester United brillante juste après le restart, mais qui a semblé terminer la saison sur les rotules, complètement hors du coup. Ce soir, face à Séville, on a vu un peu des deux, mais c'est loin d'être suffisant pour une formation qui, comme nous l'écrivions avant le match, ne se laissera pas avoir aussi facilement que Copenhague ou autre LASK.

Ole Solskjaer titularise David de Gea dans les buts, ainsi que Victor Lindelöf en défense centrale, les deux changements par rapport au onze aligné contre Copenhague. Fred démarre de nouveau dans le centre du jeu, avec Matic sur le banc. Pas de surprise côté Lopetegui, avec le même onze que face à Wolverhampton dans une composition en 4-3-3.

Manchester United rentre bien dans son match et se voit récompensé rapidement avec une ouverture du score bienvenue pour enlever un peu de pression. Marcus Rashford, dans l'axe à 30 mètres, s'appuie sur Anthony Martial dos au but dans la surface. Le Français remet subtilement dans la course de l'Anglais qui a suivi, mais est fauché en plein course, très en retard, par Diego Carlos, alors que sa frappe vient de buter sur Bono. L'occasion rêvée pour Bruno Fernandes de se présenter face au Marocain et d'expédier la balle en lucarne après le saut de cabri dont il a le secret (1-0, 8').

Séville pousse, mais United ne recule pas. Lancé par Fernandes à droite avec de l'espace, Fred tente d'éliminer mais rate sa frappe du droit qui passe largement hors cadre (14'). Dans la foulée, Ocampos déborde à gauche, sa frappe dans un angle fermé étant repoussée par De Gea (16'). Mais après un quart d'heure plutôt intéressant vient le moment où les choses se gâtent. Les contacts, plus nombreux, plus durs, plus surjoués et polémisés aussi, d'un côté comme de l'autre, commencent à casser un peu le spectacle de cette demi-finale. Côté jeu également, où les Mancuniens ont quelques opportunités de se rapprocher du but de Bono, mais manquent comme souvent de tranchant dans l'avant-dernier geste.

Dans ces conditions, les Andalous ne se font pas prier pour revenir dans la partie. Peu avant la demi-heure de jeu, Reguilon déborde à gauche et envoie un ballon tendu au second poteau vers Suso, oublié alors qu'il rentre depuis son couloir, qui termine sans opposition (1-1, 26'). Le match s'équilibre mais est encore vérolé par les débordements physiques, un pressing inefficace et les difficultés à conclure qui nous font mesurer l'écart qui nous sépare encore du très haut niveau. Marcus Rashford, notamment, a encore connu une première mi-temps à oublier, avec notamment un deux contre deux à jouer avec Martial sur une magnifique ouverture de Pogba mais sur laquelle l'Anglais rate complètement son dribble pour remettre la défense adverse dans le sens du jeu.

Les Mancuniens reviennent sur le terrain après la pause dans de meilleures dispositions et connaissent un énorme temps fort de la 45e à la 52e minute, avec quatre frappes dans la surface en succession pour Martial, Rashford et Fernandes, puis trois interventions en un-contre-un de Bono sur Martial et Greenwood. La défense sévillane est héroïque dans un premier temps, se jetant corps et âmes sur tous les ballons, bien suppléée ensuite par un Yassine Bounou en feu dans les buts adverses, une image qui ne rappelle malheureusement que trop le quart face à Copenhague. Lopetegui tente d'inverser rapidement la tendance avec les entrées de Munir el Haddadi et Luuk de Jong, tandis que ses joueurs utilisent une tactique différente en en rajoutant systématiquement sur les contacts des Red Devils, avec la bénédiction, malheureusement, de Felix Brych.

L'orage passé, l'essentiel du jeu prend place au centre du terrain, aucune équipe ne parvenant désormais à inquiéter le portier adverse. Les Mancuniens semblent presque se contenter du résultat, tandis que les Sévillans n'en demandent pas tant. Et la punition se fait attendre jusqu'en toute fin de rencontre, lorsque Jesus Navas, lancé à droite, sert Luuk de Jong complètement oublié par Victor Lindelöf au point de penalty et qui finit à bout portant (1-2, 78').

On se demande franchement comment une équipe de United qui a vu passer ses temps forts, qui galère à marquer depuis des semaines, qui n'a pas fait un changement jusqu'à la 87e minute, dans laquelle Lindelöf et Fernandes se sont pourris comme des poissonniers suite au but, et qui joue face à une équipe sûre de son fait et de son expérience et va réagir. Elle ne réagira pas. Le FC Séville l'emporte sans que l'on puisse vraiment trouver à y redire.

Manchester United a atteint la Ligue des Champions via la Premier League. Ce soir, on a vu qu'elle n'a pas le niveau d'un vainqueur d'Europa League. La saison 2019-2020 est enfin terminée, plus d'un an après son commencement, mais il est clair et net que pour jouer autre chose que les seconds rôles la saison prochaine, Ed Woodward et le bord ont beaucoup de pain sur la planche.

Quelques stats

  • C'est la première fois que Manchester United se qualifie pour une demi-finale européenne et ne se qualifie pas pour la finale.
  • C'est la première fois depuis la période 1987-1989 que Manchester United réalise trois saisons blanches d'affilée (aucun trophée).
  • Séville atteint sa sixième finale d'Europa League, deux de plus que n'importe quel autre club dans l'histoire de la compétition.
  • Manchester United a obtenu 22 penalties cette saison, le record dans les cinq grands championnats européens cette saison, et le plus grand total depuis le Barça 2015-2016.
  • Depuis son arrivée en février, Bruno Fernandes a été impliqué dans 20 buts (12 inscrits, 8 donnés). Seuls Lewandowski et Messi ont fait mieux sur la même période.
  • Harry Maguire débutait ce soir son 55e match, un record pour un joueur mancunien depuis Daley Blind et Chris Smalling en 2015-2016 avec le même nombre. Seul Conor Coady de Wolverhampton a été titulaire plus souvent cette saison dans les cinq grands championnats.

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